lundi 7 mai 2007

Quelle est belle la France ... pour ceux qui n'y vivent pas.

Belle victoire démocratique, que cette jolie élection présidentielle où le peuple s'est librement exprimé, où le triomphe de l'homme aux talonnettes a été total.Sans revenir sur les raisons de ce pourquoi (la logique démocratique enjouée, portée aux nues, désirée pour son absolue vérité ), la France offre à son histoire un triste moment...

Elle se crée sa propre servitude, chose qui rappelons le n'est pas propre à la France, mais résultant plutôt de ce formidable postulat libéraliste affranchisseur des esclavages, des sujétions, des dépendances, libérateur des hommes nés libre et égaux. La servitude volontaire à l'idéologie libérale fait mal au réveil... mais elle n'est plus étonnante.

Depuis les raffarinades la foule est flattée, courtisée, mais surtout leurrée; la haine contre la fonction publique relayée, créée par des médias asservis, le sentiment de peur de menace de crainte face aux étrangers, le manque de certitudes qu'offrent l'avenir résonnent au coeur de ce résultat.Les résultats de la précédente politique ont semble t-il convaincu notre beau peuple de France à plus de 53%.
Quel sublime bilan, quels magnifiques espoirs soufflent désormais dans notre belle patrie ...

Au sens initial une émeute désignait une émotion.

Les manifestations de protestation et les violences consécutives à la victoire du petit maltais semblent traduire un nouvel engagement de la jeunesse pour la "chose publique" même si elles sont en réalité contre productives.
L’émotion populaire, et ses effets induits sur nos vitrines et voitures, suite au résultat du 6 mai relèverait des mouvements d’extrême gauche, en particulier de la L.C.R. .

Quelles sont les raisons profondes de ces manifestations ?
Quelles en sont leurs répercussions ?

L’insurrection réelle, puissante, complète, repose sur des nécessités conjoncturelles, sur des besoins primaires insatisfaits, sur des frustrations, des injustices, des inégalités…Mais le mythe d’une révolution pour renverser un système ou un homme politique contesté est, nous le savons tous, une fable.

Ces manifestations ont pour conséquence de discréditer, de décrédibiliser la gauche toute entière et participent au réconfort qu’on les gens d’avoir voté NS au lieu de l’apparatchik Ségolène Royal.
La gauche se tire dans les pattes, ce n’est pas nouveau. Là où NS à réussi à réunir la droite, à regrouper et fédérer autour de sa personne les valeurs des diverses droites, l’appareil socialiste a été incapable de construire une image cohérente, harmonieuse et raisonnée.
Seule l’émergence de SR a semblé pouvoir résister aux impasses politiciennes du PS et à offert une alternative qui pouvait combler les déficiences du parti.

Alors quel sens donner aux agitations des premières nuits de l'ère sarkozienne ?

La démocratie a parlé, et même si elle reste imparfaite, critiquable, défectueuse, déficiente en somme, médiocre, elle demeure légale et surtout légitime. Elle demeure l’héritage de notre histoire, de nos aïeuls, de leurs combats afin que les femmes et les hommes puissent s’exprimer.
Qu’elle soit biaisée change t-il la donne ?
Non, parce qu’il en a toujours été ainsi. Déjà le tirage au sort athénien avait ses limites ; tout le monde n’était pas citoyen. La belle Révolution Française a elle aussi rapidement perdue ses idéaux. Peu on suivit Gracchus Babeuf.

Les « résistances » ne sont que sporadiques, mais elles sont malsaines parce que là où l’antilibéralisme s’agite, le peuple est déjà fatigué, asthéniésé, peu concerné… Parce qu'ici les médias ont remplacé l’Eglise, et le peuples n’aspire plus au ciel mais rêve désormais à un avenir meilleur, à un idéal vendu et sans cesse diffusé, et fait fi d'une propagande permanente où le suisso-belge Johnny quasi panthéonisé reste le prophète de foules peu ambitieuses et peu exigeantes.

Il n'en résulte pas moins que la majorité demeure la référence et si les opposants et séditieux n’admettent pas cet axiome ne sont-ils pas eux (aussi) de dangereux fasciste intolérants ?

Que proposent-ils ? Un nouveau suffrage censitaire ? Parce que le peuple n’aurait rien compris et que eux seraient légitime ?

Le sens de ces « émotions » reste délicat parce qu’il se fonde sur un sentiment fallacieux d’injustice alors que les français ont définitivement et démocratiquement élu NS Président de la République Française.

Il est parfois des évidences qui fâchent, qui déçoivent ; la justesse socialiste, entendue comme un idéal sublimé, désiré, romantique mais qui trop souvent malheureusement est demeuré mystique, n'a plus ni large ni même faible audience.

La belle France de l'éphémère 36, celle encore de la libération gaulliste (où du C.N.R.), celle même des jeunesses (momentanément) révoltés (plus que rebellés) des fragiles années glorieuses demeure dans nos livres d'histoire.

Puis cette France gauche qui s'aveugle à vouloir trop éclairer, qui fait tant espérer et qui déçois tellement sous la tutelle mitterrandienne; déjà réaliste, ordinaire et prosaïque sous le riche héritier antiquaire, plus terre à terre sous Bérégovoy, et puis les autres...
La gauche de Jospin, toujours de moins en moins passionnée, mais au bilan malgré tout plus socialiste que ses aïeuls, discréditée, rejetée, incomprise (ou jalousée ?) ... Somme toute, triste bilan...

La gauche progressiste, il faut l'admettre, ne fait plus rêver beaucoup de monde. Elle reste fantasmé, fragmenté, trop indéfinie pour rassurer, pour rassembler. Là où les capricieux antilibéraux se sont ridiculisés et ont décrédibilisés leurs électeurs (et ceux du référendum), les socialistes n'ont pas à rougir. Désunis eux aussi, ils ont au moins eu la clairvoyance de ne pas être plusieurs à quémander le suffrage du peuple.

En dépit de mes propos et des amertumes, je reste très attaché aux idéaux socialistes ( les véritables idéaux, donc ceux plus proches d’Olivier Besancenot) et ceux de Ségolène ne me choquent pas tant que ça. Plus d'Etat serait un plus selon moi, la nationalisation de précieuses industries me semblerait pertinente, mais malgré tout, le programme de Mme Royal demeurait toujours mieux que celui du nuisible adversaire.
Confieriez-vous le pouvoir à cet homme ?
Le pouvoir politique, économique, médiatique (qu'il asservi déjà) …. mais surtout le pouvoir militaire ?
Le laisseriez-vous être en charge de l’arme atomique ?
A ces questions les Français ( une partie) ont dit oui.

Finalement les appels au centre répondaient à quoi ?
Certes à la nécessité de battre le pugnace sur talonnettes, mais aussi sur la lecture moins romantique et plus en accord avec une majorité de citoyens. Aprés tout la France sort de douze ans de chiraquie … le plus grand squatteur et escrocs de France, mais peu de français semblent lui tenir rigueur de la triste façon dont il à « gouverné » la France.

L’obligation de battre l’Iznogoud de Neuilly, d’éviter le pire de réunir obligeait à des compromis, et seule Ségolène le pouvait.
Ségolène qui tentaient de rassembler plutôt que de diviser restait un rempart face aux menaces du Savonarole vichyste et plaintif, face à celui qui propose un nouvel Etat français où les références à la France du Maréchal sont trop flagrantes.

La France a les dirigeants qu’elle mérite.
La France a le peuple qu’elle mérite.

Le joli programme de la France de la ville thermale promet un bel venir à nos jeunesses et rassure nos papys-mamies... c'est l'essentiel.